! Les droits humains auraient été gravement bafoués par la police de la Ville, dans la nuit du 13 au 14 octobre, selon le Collectif Mendiant(e)s d’Humanité !

Voici le récit de violences policières survenues durant la nuit du 13 au 14 octobre telles qu’elles ont été observées, subies et/ou ressenties par le Collectif Mendiant(e)s d’Humanité, qui a commencé à diffuser le communiqué ci-dessous. Pendant ce temps, je poursuis ma récolte de témoignages pour une publication future et, pour l’instant, je ne trouve que des confirmations à leur version des faits. Mais il reste à enquêter et je compte bien prendre mon temps pour produire du journalisme de qualité.

Bien à vous

Benjamin

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15 octobre 2017 – Communiqué du Collectif Mendiant(e)s d’Humanité

Les droits humains bafoués par la Ville de Namur !

La police passe à tabac un SDF qui tentait d’entrer dans des bâtiments inoccupés de la Région wallonne. Les traces de blessures sur son corps et de nombreux éléments de preuves révèlent des violences policières hors de toutes proportions et suspectes quant à la responsabilité – directe ou indirecte – de la Ville. Le collectif Mendiant(e)s d’Humanité (MdH) appelle au dialogue avec les autorités (supérieures à la Ville), à commencer par le ministère de l’Intérieur et la Région wallonne.

 

Ludwig a vu sa vie défiler sous ses paupières.

Il a le visage tuméfié et des blessures sur tout le corps.

Les auteurs ne sont autres que les « forces de l’ordre ».

Oui, Ludwig a, comme il le dit lui-même, « déconné ». Mais Ludwig, qui avoue tous ses torts et charge très peu la police, est beaucoup trop dur avec lui-même, car ses bêtises de vendredi soir sont sans commune mesure avec les sévices infligés par la police. Ludwig semble croire qu’un tel comportement des services de sécurité est « normal » (dans la norme) alors que la Loi condamne sévèrement une telle violence, largement disproportionnée et peut-être même préméditée.

 

CONTEXTE

Il faut savoir que Ludwig co-organise l’occupation pacifique des anciens bâtiments (inoccupés) des Archives de l’État à Bomel. Là-bas, une vingtaine de SDF vivent en communauté et, solidairement, soignent leurs maux avec un relatif succès (maladies, dépressions, addictions…). Ils veillent à ne pas dégrader les lieux, les aménagent et les restaurent si besoin. Un avis d’expulsion leur est tout de même parvenu début octobre et, comme toujours dans ces cas-là, ils se préparent à quitter (pour un autre bâtiment inoccupé), avant l’expulsion manu militari, pour éviter la confrontation et conserver le caractère pacifique de leur combat. L’électricité a été coupée entretemps.

 

RÉCIT

Vendredi 13 au soir, les occupants de Bomel boivent un coup. Certains boivent trop. Ils parlent de leur prochain lieu d’occupation et, quelques-uns, dont Ludwig, décident d’aller ouvrir un nouveau lieu, rue Notre-Dame (dans l’ombre de la si bien éclairée Citadelle), tandis que d’autres essayent vainement de les en dissuader. C’est une erreur grossière, notamment parce que plusieurs d’entre eux sont ivres, à des degrés divers. Ils partent d’ailleurs en chantant (la chanson des nains qui vont à la mine), avec un pied-de-biche, sans aucune discrétion.

Le bâtiment est vidéo-surveillé – les lois sur la vidéosurveillance n’y sont d’ailleurs manifestement pas respectées par les pouvoirs publics, mais ce n’est pas notre sujet. Une voisine, d’en face, descend dans la rue et prévient les squatteurs qu’elle a appelé la police, mais ces derniers ne se pressent pas de fuir. Les policiers arrivent rapidement. Quand les lumières bleues se précisent, quelques-uns s’en vont, d’autres hésitent. Le pied-de-biche est glissé par l’un d’entre eux sous une voiture, mais Ludwig ne veut pas perdre son pied-de-biche et le ramasse.

La police s’en prend à Ludwig et ordonne aux autres de décamper (étrange comportement, n’est-ce pas ?). Juste après avoir jeté le pied-de-biche, Ludwig prend une balle (sans savoir qu’elle est en caoutchouc) et tombe à genoux. Dans la foulée, il prend au moins neuf autres balles, jusqu’à épuisement des chargeurs. Ces balles auraient pu tuer Ludwig (qui ignoraient de quoi elles étaient faites). Elles l’ont en tout cas blessé un peu partout. Entre les balles, Ludwig confesse avoir injurié et menacé les policiers (mais est-ce encore important ?). Ces derniers en ont, apparemment, été très vexés. Le corps de Ludwig présente les traces de dix balles en caoutchouc (y compris dans le dos !) et de nombreux coups. L’un de ces coups a été donné en plein visage. « Je crois que c’était un pied mais je n’ai rien vu venir et, à ce moment, j’étais par terre », raconte Ludwig, qui jure n’avoir jamais levé la main sur les policiers. D’autres témoins confirment, avec des mots différents, mais le même récit : Ludwig était maintenu par terre par deux policiers tandis qu’un troisième lui a donné un violent coup de pied au milieu du visage et plusieurs autres dans les côtes.

Si ces faits – ou même la moitié des faits – pouvaient être confirmés par des preuves irréfutables (c’est vers cela qu’on se dirige), il est évident que ce serait très inquiétant pour les Namurois, car cela veut dire que la police ne se contrôle pas ou, pire, qu’elle est contrôlée par des gens qui méprisent la Loi, la démocratie, en particulier les règles qui régissent l’usage de la force par les représentants de l’État ainsi que celles qui interdisent toute forme de torture (pour intimidation, vengeance…).

À peu près comme le raconte le Procureur du Roi, Ludwig a, une fois dans le fourgon, brisé la vitre d’un coup de pied (nu !). C’est une déclaration intrigante. Pour deux raisons. 1. Si Ludwig était encore suffisamment libre pour faire cela, cela confirme qu’il n’était pas considéré fort dangereux, de sorte que les policiers ne peuvent même pas invoquer, pour tenter d’excuser leur violence démesurée, la peur qu’ils auraient ressentie. 2. Si Ludwig était si énervé, n’aurait-il pas fallu le surveiller, pour protéger les policiers et le protéger de lui-même ?

Ludwig est resté emprisonné environ 17 heures.

Durant son audition, Ludwig s’est entendu dire, par un policier : « Pour le même prix, c’était à balles réelles ! ».

 

INTERROGATIONS

Si Ludwig a été libéré si rapidement, cela démontre que la police avait peu à lui reprocher. Dès lors, comment expliquer qu’il ait été aussi traumatisé (physiquement mais pas seulement physiquement) ?

Si la police panique et perd tout sens des proportions lorsqu’elle est face à un pied-de-biche (porté par un homme non violent qu’elle connaît), qu’en est-il lorsqu’elle fait face à un inconnu armé d’un couteau ?

Puisque tout bourgmestre est, légalement et automatiquement, le chef de la police et le responsable de ses agissements, le bourgmestre Prévot a-t-il donné ordre d’infliger une telle « leçon » à Ludwig (avec qui il est en conflit judiciaire et médiatique concernant le règlement anti-mendicité) ? Sinon, qu’a-t-il fait pour éviter les violences policières, lui qui  connaît bien ses agents et, normalement, leurs principaux travers ? Quelle que soit la réponse, il faudra demander au bourgmestre d’en livrer une (à lui) et, surtout, de fournir des éléments des preuves. Ainsi fonctionne la démocratie locale (selon la Loi) ! À défaut, c’est la démission qu’il faudra réclamer !

Comment se fait-il que la presse ait été presque instantanément « informée » par le Procureur du Roi ?

Comment se fait-il que le Procureur du Roi, alors qu’il n’était pas présent, livre une version des faits qui culpabilise Ludwig, lequel n’a pourtant pas encore été jugé ?

Comment se fait-il que la presse relate les faits avec un seul point de vue, celui du Procureur du Roi lui-même basé sur le récit de la police ?

Pourquoi cette presse n’a-t-elle pas tenté, comme l’exige le Droit des médias, de donner la parole à l’accusé ? N’est-elle pas capable de joindre Ludwig, qui est un personnage public depuis longtemps, qui donne volontiers son numéro de téléphone et qui y répond (oui, il y  répondait déjà depuis longtemps lors des premières publications sur le web) ?

La vidéosurveillance qui a pu trahir les « débordements » de Ludwig et ses amis était-elle bien enregistrée et signalée publiquement comme la Loi l’exige (où sommes-nous, là aussi, tous filmés à notre insu et observé par des policiers qui, manifestement, manquent parfois cruellement de déontologie ?) ?

Mais est-ce bien un « débordement » d’occuper un lieu inoccupé quand l’hiver arrive et qu’on est SDF ?

Puisque les bâtiments que Ludwig a tenté d’investir sont des bâtiments inoccupés appartenant à la Région wallonne, cette dernière ne voudrait-elle pas faire un geste en faveur d’une réconciliation et mettre en œuvre le droit au logement, avant les premières gelées (comme nous, les SDF ont déjà « la crève », mais dans d’autres proportions et avec d’autres risques, car ils sont sans chauffage et sans électricité ?

La presse pourrait-elle, s’il lui plaît, être présente au « squat » lors de l’expulsion prévue mercredi, ceci afin d’éviter tout drame et/ou toute nouvelle bavure policière ? À moins qu’elle souhaite se joindre, physiquement cette fois, aux policiers.

 

SENTIMENTS

Un écoeurement puissant est en train de gagner le Collectif Mendiant(e)s d’Humanité, constitué des occupants de Bomel, de nombreux autres SDF et/ou mendiants et de nombreux citoyens.

Il est temps de renouer le dialogue. Nous avions de plus en plus le sentiment que les autorités voulaient laisser pourrir la situation. Aujourd’hui, on se demande si elles ne sont pas en train d’espérer faire pourrir la situation !

Mais le Collectif a engagé un combat pacifique et le poursuivra pacifiquement, quels que soient les débordements des uns et des autres.

Nous n’imaginions pas à quel point les droits humains et presque chacun d’entre eux (droits au logement, à la sécurité, à la liberté d’expression…) étaient menacés à Namur.

 

ÉPILOGUE

La fin n’est pas écrite ! D’autres témoignages nous sont parvenus et continuent de nous parvenir. Nous vous prions donc de rester mesurés dans vos propos à ce sujet (oui, sur le web aussi !).

Le Collectif Mendiant(e)s d’Humanité

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ACTUALISATIONS (antérieures)

16.09.2017La face cachée de l’«humanisme» made in Namur (suite) ou Les nouvelles limites de liberté d’expression selon notre Bourgmestre. Les travailleurs de l’Abri de Nuit ont reçu des menaces de la part de leur employeur (le Bourgmestre) suite à l’article publié dans La Libre (disponible ci-dessous). L’un des plus critiques a même été licencié (pour des motifs flous) ! La Loi leur permet, évidemment, de parler comme ils l’ont fait, avec mesure et sous couvert de l’anonymat, de ces graves problèmes… Même si cela égratigne le vernis « humaniste » du pouvoir local.

PS: Je vous l’aurais bien dit plus tôt, mais j’attendais de réunir plusieurs témoignages (à produire en Justice, le cas échéant) de travailleurs pas trop effrayés (bénéficiant de la protection des sources, essentielle au journalisme et à la démocratie) !

 

2017 - Citoyens mobilisés contre la chasse aux pauvres, pour la chasse à la pauvreté

2017 – Citoyens mobilisés contre la chasse aux pauvres, pour la chasse à la pauvreté

En image, la preuve que tout n’évolue pas mal : Depuis juin 2017, de nombreux citoyens (de tous bords) s’approprient ces questions socio-politiques et les révèlent au plus grand nombre. Le monde bouge ! (Photo extraite de: https://www.facebook.com/groups/1923538467901145/).

 

23.08.2012 Nouvel abri de nuit, nouveaux doutes ou La face cachée de l’«humanisme» made in Namur:

Le nouveau logement d’urgence pour SDF, annoncé dans « Les laissés-pour-compte de Namur » (chapitre « Les sans-abri »), a été inauguré, le mercredi 22 août. Ce nouvel abri de nuit a bien des qualités mais la fierté affichée par les élus cache de graves lacunes qui soulèvent plus d’une interrogation pour la qualité de l’accueil. Pour La Libre, j’ai recueilli les témoignages des éducateurs de nuit :

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/756436/l-accueil-des-sdf-conteste-a-namur.html

 

Deux SDF se rendent à l'abri de nuit, durant l'hiver 2009. Etriqué, sans douches, sans espace pour les femmes, il devait être remplacé depuis longtemps.

Deux SDF se rendent à l’abri de nuit, durant l’hiver 2009. Etriqué, sans douches, sans espace pour les femmes, il devait être remplacé depuis longtemps.

Image: B. Moriamé (copyright)

Autres images liées à l’accueil des SDF à Namur sur la page « L’abri de nuit Gérard Jacob » ou, en un clic, ici:
"Accueil" des SDF à Namur
Album : "Accueil" des SDF à Namur
Ancien abri de nuit, Nouvel abri de nuit, Gérard Jacob devant la St Vincent, élus dans le métro (qui n'ont manifestement rien compris ou rien retenu de leurs rencontres avec des pros de l'accueil des SDF, pourtant si clairs !), Paris, Namur...
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2 réponses
  1. 16 septembre, 2017 | 14 h 08 min | #1

    Test

    Répondre

  2. 16 septembre, 2017 | 14 h 09 min | #2

    Est-ce que ça marche ?

    Répondre

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